Disparition
Décédé le 25 octobre dernier, le plasticien martiniquais Victor Anicet sera inhumé ce samedi 31 octobre

Artiste peintre, sculpteur, céramiste et enseignant, Victor Anicet, figure majeure de l’art martiniquais et caribéen né en, est mort le dimanche 25 octobre dernier, à l’âge de 88 ans, et sa cérémonie de funérailles, suivie d’inhumation, se tiendra le samedi 31 octobre en la Cathédrale de Fort-de-France, à partir de 10h.
Né au Marigot en Martinique le 18 avril 1938 d’une mère agricultrice et d’un père marin-pêcheur, Victor Anicet a grandi au sein d’une famille de neuf enfants. « Nous vivions dans un deux-pièces. Il n’y avait pas de tableaux aux murs, sauf une reproduction de l’Angélus de Millet et des morceaux de journaux qui tapissaient la cloison qui séparait la chambre des parents de la pièce où nous dormions. Enfant, je me couchais face à ce patchwork pour mieux fixer cette création qui portait la signature de ma mère. J’y voyais le langage des couleurs ; le langage plastique de l’art contemporain y était déjà à travers des superpositions, des contrastes de couleurs, etc. Il y avait là une richesse plastique qui incitait au travail de l’esprit, en tout cas un motif pouvant susciter la curiosité de l’enfant que j’étais. », expliquait-il lors d’un entretien réalisé en octobre 2017 par un média outre-marin pour justifier comment il est tombé dans l’art. Plus tard, il fait la rencontre du Père Pinchon et l’aide à nettoyer les fragments de poterie ensevelis dans la terre rouge de l’Adoration, un lieu où, pendant l’esclavage, les noirs se réunissaient pour demander pardon à Dieu pour leur vie de misère, alors que deux mille ans avant, le même lieu était un lieu de culte sacré pour les Amérindiens.
Après des études à l’Ecoles des Arts Appliqués de Fort-de-France, il quitte la Martinique dans sa dix-septième année pour aller étudier, dix ans durant, la céramique à l’Ecole des Métiers d’Art de Paris, d’où il sortira majeur de sa promotion en 1961. Dans le même temps, il fait des recherches au Musée de l’Homme sur l’art amérindien, tout multipliant les stages auprès de maitres céramistes en France, en Angleterre et en Allemagne pour parfaire son art et son savoir-faire avec des potiers comme Mohy, Joula, Lerat, Leach, Reeve et Anssen. En 1967, il retourne en Martinique où il s’adonne dans un premier temps à la peinture, puis à la céramique, crée quelques années plus tard, notamment en 1984, le Collectif « FWOMAJE » sur l’esthétique caribéenne, et commence à enseigner les arts plastiques dans plusieurs communes de la Martinique et de la Guadeloupe.
Son œuvre, qui aura questionné, toute sa vie durant, l’histoire de son île natale la Martinique, les racines précolombiennes, ainsi que les liens entre la Caraïbe et l’Afrique, restera à jamais actuelle.

Commentaires