Prix

Ghana/Sénégal : Fatoumata Sy et Kwama Frigaux, lauréates du Yaa Asantewaa Art Prize 2026

Elvis LALEYE · 04 novembre 2026 · Afrique de l’Ouest
Ghana/Sénégal : Fatoumata Sy et Kwama Frigaux, lauréates du Yaa Asantewaa Art Prize 2026
Fatoumata Sy et Kwama Frigaux Crédit Photos: DR.

Les artistes sénégalaise Fatoumata Sy et franco-ghanéenne Kwama Frigaux ont remporté le Yaa Asantewaa Art Prize 2026, une distinction dédiée aux femmes artistes visuelles en Afrique et organisée par la Gallery 1957, en collaboration avec l’Institut Français du Sénégal.

A ce titre, elles recevront chacune une dotation de 5 000 $ US et réaliseront pour la Sénégalaise, une résidence artistique de 3 mois à Accra suivie d’une exposition individuelle à la Galerie Le Manège à Dakar, tandis que la Ghanéenne fera une résidence de 3 mois au Sénégal (1 mois à Saint-Louis et 2 mois à Dakar) suivie d’un solo show à la Gallery 1957. Le prix couvre par ailleurs leurs vols, le transport de leurs œuvres, leurs hébergements et leurs matériaux.

L’annonce des deux lauréates a eu lieu le dimanche 1er novembre à la Gallery 1957 au cœur de la capitale ghanéenne dans le cadre de l’Accra Cultural Week, qui se tenait du 29 octobre au 02 novembre 2026.

Artiste plasticienne, performeuse et professeure d’éducation artistique plastique, Fatoumata Sy est diplômée de l’École Nationale des Beaux-Arts de Dakar et d’un master en Art et Culture de l’ISAC de l’université Cheikh Anta Diop de Dakar. Chez elle, l’acte de peindre n’est pas uniquement manuel ou intellectuel, il engage tout le corps dans un rapport direct avec l’espace et le temps. Dans cette démarche, elle explore l’idée que l’œuvre d’art ne réside pas seulement dans le résultat final, mais dans le processus de création lui-même : la tension du geste, la spontanéité du mouvement, la fusion de l’instant. Sa signature : création d’œuvres, faite de peinture et marquée par l’empreinte rouillée du fer pour évoquer un monde en perpétuel mouvement, la destruction et la renaissance. À travers ses performances, elle questionne la relation entre contrôle et lâcher-prise, intention et accident, corps et matière.

Kwama Frigaux (née en 1993) collecte, quant à elle, les rebuts qui peuplent notre vie intime et collective - verre securit, contenants jetables en plastique, aluminium alimentaire, plaquettes de médicaments vides - pour en faire des objets sensibles qui nous interrogent.

Collectés, lavés, peints et assemblés, ces rebuts parfois porteurs d'histoires traumatiques sont transformés en sculptures, en tapis luminescents, en vitraux malléables, en installations. Dans ce travail d'expérimentation de la lumière, l'agencement des couleurs joue avec les parties translucides ou opaques des matériaux. Le travail de découpage et d'assemblage déplace le regard que nous portions sur ces déchets et leur reconfigure un devenir, un potentiel plastique évocateur d'autres objets, d'autres usages et fonctions possibles et plus réparatrices du monde qui nous entoure.

Parmi les lauréates précédentes de ce prix figure Theresah Ankomah (lauréate 2025) dont l’exposition personnelle « The Lore of Care : Maternal Acts of Devotion » est visible à la Gallery 1957 jusqu’au 05 décembre 2026.

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